Depuis quelques années, la mode en afrique est dit être un booster de l’économie. De nombreux créateurs, aux diverses fashion week, le domaine ne cesse de grandir. Ce n’est cependant qu’en 1998 qu’a eu lieu le tout premier festival international de la mode africaine, ayant pour cadre le désert. Il s’agit de l’oeuvre du créateur Alphadi, surnommé “Le magicien du désert”. Celui-ci a notamment été nommé Artiste de l’UNESCO pour la paix en 2016. Il promeut la mise en valeur de la mode africaine, en lien avec la mode occidentale. Cet évènement a notamment été marqué par la présence de nombreux noms important du domaines de la mode, tels que Yves Saint Laurent, ou Jean Paul Gaultier.
Le créateur Alphadi déclarait il y a quelques années de cela que la mode africaine ne se limite pas au pagne ou au boubou, et que c’est sa diversité qui la définie.
Néanmoins cette mode dite plurielle et diverse connaît un frein, en effet beaucoup d’africains eux même refusent de porter des produits africains, tout comme ceux de la diaspora qui refuse de porter des vêtements de créateurs “inconnus”.
Afin de changer les mentalités, les créateurs font chaque année des efforts sur la qualité, les finitions et le style, afin de s’adapter à la vie urbaine. Ce, afin de montrer que la mode africaine peut également être un marché rentable, mais la clientèle locale n’est pas encore tout à fait convaincue.

Tout de même, les fashions weeks se multiplient sur le continent, et les créateurs gagnent en visibilité. Certains pays se démarquent, et ont trouvé comment faire du secteur de la mode un atout pour eux. 5 pays de la sous régions ouest africaine ont d’ailleurs récemment pris part à la “Ouaga Fashion Week”, sous le thème “La Mode, source d’entrepreneuriat pour la jeunesse”. Il s’agissait du Bénin, du Togo, du Ghana du Sénégal ainsi que du Mali.

Le Nigéria quant à lui, s’impose comme première puissance du continent. Le pays s’est fait connaître par le cinéma (Nollywood) par la musique (émergence de nombreux chanteurs afrobeat, et maintenant à travers la mode. Michelle Obama avait notamment porté des oeuvres de Duro Oluwu, créateur Nigerian ayant acquis aujourd’hui une visibilité internationale. Il est intéressant de souligner le fait que l’industrie de la mode au Nigéria pesait déjà 10 milliards de dollars en 2014, et qu’une grande partie des acheteurs est nigériane. Il y a de quoi ici se rendre compte de l’importance du soutiens local dans le développement d’un business. Mais on pourra aussi ajouter que cet essor correspond à une période d’amélioration du niveau de vie des nigérians.

Côté business, le Mali, le Sénégal et le togo sont parmi les premiers producteurs de coton mondial, gros paradoxe lorsque l’on sait que les agriculteurs d’Afrique de l’ouest sont parmi les plus pauvres. Tout de même, beaucoup de tissus s’imposent et se font une place dans la mode internationale. Le basin par exemple, un tissu teinté à la main, aux multiples motifs multicolore est utilisé pour la création de vêtements et de linges de maison. On pourra aussi citer les batiks aux couleurs chaudes, qui sont eux teintés au togo.

La mode africaine connaît un autre frein, il s’agit du “Made in China”. Lorsque l’on sait que pour les plus petits prix il faudra débourser minimum 53 euros pour s’offrir une chemise de grand créateur africain, on comprend que les copies envoyées de chine, coûtant à peine plus d’1 euro (1000 Francs CFA), on comprend que ce marché représente un concurrent de taille aux créations d’origine africaine. Les petits  artisans de quartiers copient également les modèles qu’ils voient dans les magazines, afin de les vendre, mais celles-ci sont d’une qualité discutable.

Tout de même, certains grands groupes tels que H&M choisissent de délocaliser en Afrique, plus précisément en éthiopie, trouvant ainsi des prix jusqu’à 10 fois plus rentable que dans les productions chinoises.
Aussi, dans tout le continent de jeunes prodiges, artistes de talent se bousculent. C’est le cas de l’Ougandaise Gloria Wavamunno, du Marocain Karim Tassi, le Sud-Africain David Tlale, et bien d’autres. Ils acquièrent une certaine reconnaissance, grâce notamment à la validation de figures du show business Américain, telles que Rihanna ou Beyonce.
En Europe, on citera notamment la marque Mosaert, créée par Stromae et son épouse, qui a notamment collaboré avec Repetto.L’afrique est à l’origine de ce projet à succès, qui s’inspire du wax.

Aujourd’hui, de nombreux couturiers européens s’inspirent des créations et traditions africaines, certains soutiennent que celà contribue à répandre la mode africaine, tandis que d’autres parlent d’appropriation culturelle. Et  vous, qu’en pensez vous?