Témoignages : Je sais qui je suis et le vis bien

Soukeïna Koné

D’origine ivoirienne et coréenne mais de nationalité française.

On a tous déjà ressenti le besoin de faire partie de quelque chose.
Je ne me suis jamais demandée dans quelle case j’appartenais avant d’être confrontée aux regards et à la curiosité des autres :

« De quelle origine es-tu ? »

L’appartenance à une ethnicité est liée à un patrimoine commun (qui comprend la culture, la langue, la religion, l’origine géographique etc…).

Ayant grandi à Abidjan, je me sens ivoirienne, par mon père dans un premier temps mais pas seulement : je connais cette ville et j’y ai stocké la plupart de mes souvenirs. Coréenne, par ma mère qui a su me léguer sa culture sans oublier les traits, les lignes atypiques de son visage.
Seulement, je suis née à Paris et aujourd’hui j’y vis.

Pour les français, je suis « exotique ».
Pour les ivoiriens, je suis chinoise.
Pour les coréens, je suis bridée mais bronzée.

Enfant, j’aurais voulu être représentée dans tous ces cartoons avec leurs héroïnes aux grands yeux bleus.
Je les ai admirées avec mes petits yeux noirs et j’ai cru, inconsciemment, qu’elles étaient à l’image de « LA beauté ».

Ce n’est pas si important de se trouver une case,
Cela ne m’a jamais dérangé, en vrai.

Car je ne suis ni noire, ni blanche, ni jaune.

Je suis le tout !

Je suis mes origines, je suis la terre où je suis née.
Je suis Soukeïna.

Ashley Matanga

Bonjour, mon prénom est Ashley, j’ai 21 ans, je suis née en France et originaire du Congo (Kinshasa), mes deux parents sont nés là-bas. Aujourd’hui, pour moi, ma couleur de peau reste une fierté. Je me souviens que pendant mon enfance, les gens rigolaient de mes cheveux crépus…

Contrairement aux idées reçues, nous pouvons faire énormément de choses avec un cheveux afro (des tresses, brushing, chignons et j’en passe…). Comme vous pouvez le voir sur ma photo portrait, l’équipe Ayika’a a lissé mes cheveux et m’a fait une coupe rétro. La femme noire et métisse est beaucoup dénigrée, j’ai pu le constater. Chaque femme a une beauté différente mais la plupart des gens nous caractérisent comme toutes pareilles. Ce n’est pas parce que tu es noire que tu n’as pas de cheveux. Nous avons beaucoup de textures telles que crépus, frisés ou bouclés, par exemple. Nous sommes aussi confrontées à des réflexions qui me choquent : « Tu es belle pour une noire ». Néanmoins, la réflexion qui m’a le plus marquée dans ma vie : « Ashley, tu es plus foncé que ton collant noir ».

Le projet Ayika’a nous permettra de contrecarrer ce cliché des femmes noires qui se ressemblent toutes. Il nous permettra de montrer que l’on peut être autre chose que ce que les médias montrent, à savoir des femmes aux cheveux très courts ou simplement avec des extensions ou défrisés, sachez qu’il y a d’autres profils.

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