S’accepter et changer un monde conformiste : Edine, Elise et Pauline témoignent

Pauline Vallé 

Je m’appelle Pauline Vallé, ma mère est d’origine Guyanaise et mon père est métropolitain de Nantes. L’acceptation de mon métissage, de ma couleur de peau, de mes cheveux crépus a été longue. Aujourd’hui, je m’affirme. En participant à ce projet, j’ai envie de montrer à chaque jeune fille métisse ou noire qui se sent malheureusement mal dans sa peau suite à une représentation massive du mannequin blanc aux cheveux lisses (que ce soit dans la mode ou même dans les dessins animés et jouets pour enfant) laissant pour compte les représentations réalistes et nombreuses des femmes de couleurs, que ces femmes (laissées généralement de côté en raison de la mise en avant de clichés les représentant toutes) possèdent chacune une beauté unique. Il n’est donc pas nécessaire d’essayer de changer sa nature pour tenter d’atteindre l’impossible. Au contraire, il faut embrasser sa différence.

Edine Usher

Je m’appelle Edine Usher, Ivoirienne, noire de peau et fière de l’être. Comme le dit une citation que j’aime beaucoup : « tu peux enlever un africain de l’Afrique, mais tu ne pourras jamais enlever l’Afrique d’un africain ». Nous devons nous battre plus que les autres depuis toujours pour atteindre nos objectifs. C’est triste mais c’est un facteur qui fait de nous un peuple fort. Et j’espère que le projet Ayika’a inspirera d’autres personnes afin que les noirs, métisses et toute autre « minorité » ici, soit défendue dans tous les domaines et que les choses changent.

Elise dël Aného

Bonjour, je suis Elise dël Aného, métisse franco-centrafricaine et comédienne en devenir à Paris. La question de la diversité est partie intégrante de mon quotidien, l’actorat, et plus largement les milieux du cinéma et du théâtre, étant enracinés sur des questions d’apparence, de culture, d’origine sociale et de genre. En tant que femme, et de surcroît non blanche dans un pays paradoxalement précurseur et parfois rétrograde comme la France, je m’interroge sur mon avenir et sur l’accès à mes objectifs et rêves. Ayika’a n’est bien sûr pas la fin du problème mais peut-être un point d’interrogation posé là où une invitation à réfléchir sur les dynamiques qui hélas sous-tendent encore en 2018 la marche de notre société.

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