Naomi et Sephora témoignent pour Ayika’a

Naomi Zaou 

Naomi Zaou, j’ai 20 ans, je mesure 1m85. J’ai toujours été « la girafe » de mon école primaire. Il est vrai que mes 1m70 en CE1 ne sauvaient pas ma cause. Je suis en France depuis quelques mois, fille d’un père guyanais et d’une mère haïtienne j’ai pu avoir un mix de deux cultures. Je me considère comme métisse de part mes origines car grâce à celles ci, j’ai deux regards différents sur le monde que j’observe constamment. En comparaison à ce que mes parents ont vécu, culturellement parlant, à leur époque, j’ai reçu une éducation à la dure. Mon père se considère et s’est toujours considéré comme africain car les guyanais sont des amérindiens mais il me dit constamment que Zaou est un nom qui ne peut venir que de nos ancêtres africains. Il a toujours revendiqué le fait d’être africain avant même sa propre origine. L’histoire de nos ancêtres a fait que l’on ne saura jamais d’où l’on vient vraiment. Nos traversés à l’époque des bateaux ont prit des chemins différents, la moitié de notre histoire restera à jamais inconnue.

J’ai vécu en Guyane depuis toujours jusqu’à l’obtention de mon bac. Ma couleur de peau n’était pas un problème dans le mannequinat ni même ma taille là-bas mais une fois ici en France, j’ai constaté des changement au niveau des regard de certaines agences concernant ma couleur de peau ou même ma taille. celles qui avaient été ma fierté en Guyane sont devenues des handicaps. J’ai pu constater une énorme différence entre la France et la Guyane. En Guyane, la diversité est un cadeau tant l’on peut échanger avec les autres sur nos cultures, c’est une fierté! Mais, ici, il n’y a pas cet esprit culturel. C’est triste.
Je prends pars au projet Ayika’a dans l’espoir que cela puisse faire changer les mentalités…

Sephora Kongo

Je m’appelle Sephora Kongo, j’ai 20 ans, née en RDC Congo. Je suis en France depuis mes 11 ans. Fille d’une mère congolaise et d’un père métissé (congolais, hollandais, portugais). Depuis toute petite on m’appelle « la miss de la famille », on m’a toujours dit que je devais faire du mannequinat. Étant donné que je n’avais pas vraiment confiance en moi je n’y prêtais pas attention. Mais, un jour, j’ai posté des photos de moi sur les réseaux pour me donner un peu de «confiance», un photographe m’a alors proposé un shooting. Pendant ce dernier, il m’a dit quelque chose dont je me souviendrai toute ma vie : « Tu es très jolie, tu as le corps qu’il faut, si tu avais des traits plus fins tu aurais pu passer ».

Je n’ai vraiment pas compris. La beauté se résume t’elle aux traits fins? Je prends donc pars à ce projet pour montrer que la diversité c’est aussi ça, des faciès et des traits du visage différents de ce que les médias nous montrent ! À chaque fois que je vois des femmes noires ou métissées mannequins, elles ont des traits très fins se rapprochant de ceux des occidentaux, mais avoir les traits plus affirmés ne veux pas dire que nous sommes moins belles que ces filles. C’est ce que je veux prouver au monde en participant au projet Ayika’a.

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