Chargée d’assurer la communication externe du projet AYIKA’A, Loren Fadika s’est appuyée sur ses compétences rédactionnelles et sur sa motivation afin de fournir des contenus clairs, précis et attractifs aux yeux de tous. Découvrez son interview réalisée par l’équipe AYIKA’A.

Parle-nous un peu de toi

Chères toutes et chers tous qui avez pris le temps de venir découvrir notre site internet. Moi, c’est Loren Fadika. Je suis actuellement en troisième année d’une bi-licence en droit et en science politique. Ma passion ? L’Art dramatique que je pratique en Conservatoire depuis l’âge de 12 ans !

Pourquoi as-tu rejoint ce projet ?

Lorsque Cindy (chef de projet de AYIKA’A) m’a manifestée sa volonté de construire, ce qui deviendra plus tard le projet Ayika’a, j’ai tout de suite eu envie de lui apporter mon aide. Je me suis alors vue confier le poste de chargée de communication externe et relectrice.

« Rendre quelque chose ou quelqu’un visible par autrui »

Si j’ai tenu à apporter mon aide à ce projet, c’est notamment parce que l’Art dramatique m’a permis de prendre conscience de l’importance de la représentation (dans le sens « rendre quelque chose ou quelqu’un visible par autrui ») et, par extension, l’importance des médias et le rôle décisif qu’ils jouent dans la construction mentale d’un individu.

En effet, j’ai la conviction que l’estime que les femmes peuvent avoir d’elles-mêmes et l’acceptation de leur type de beauté passe, entre autres, par la représentation médiatique de toutes les femmes, aussi différentes soient-elles.

Il ne s’agit pas là d’une question superficielle, le manque de confiance que certaines femmes peuvent avoir en elle conduit à des dommages parfois irréversibles qu’elles infligent à leur corps (dépigmentation de la peau, défrisage – brûlure et risque cancérigène – alopécie de traction – régimes extrêmes, etc).

Si les médias, surtout ceux travaillant pour l’industrie de la mode, exposaient d’avantage les femmes asiatiques, noires, rondes, aux cheveux frisés, aux cheveux rasés, avec de la cellulite, avec des vergetures, avec des handicaps, etc etc en guise de mannequins pour leurs publicités ou défilés, nous nous accepterions mieux telles que nous sommes car nous aurions conscience que nous sommes toutes belles et ce avec et surtout grâce à nos singularités.

Qu’est-ce que le projet AYIKA’A t’a t-il apporté ?

J’ai toujours considéré mon métissage comme un atout qui me permettait de percevoir les choses de la vie sous deux prismes culturels différents. Le peu de réflexions à caractère racial dont j’ai pu faire l’objet ne m’atteignaient même pas tant je me sens bien dans ma peau, tant je considère ma couleur de peau et la texture de mes cheveux comme singularisantes. Pourtant, en parlant avec les modèles du projet et les autres membres de l’équipe, je me rends compte que nous ne vivons pas tous notre élément d’extranéité aussi paisiblement que je le vis.

Et oui ! Si j’ai eu la chance de fréquenter des personnes sensées et éclairées, j’ai bien compris que tous n’ont pas eu cette chance aux vues des réflexions qu’ils ont pu entendre. Je peux maintenant dire qu’Ayika’a est un projet qui m’a ouvert les yeux. Ayika’a fut également un très beau travail d’équipe, humain et formateur !

Merci Ayika’a !

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