Témoignages : Kiara & Andréa

Kiara

Je m’appelle Kiara Dos Santos, je suis métisse d’une mère franco-américaine et d’un père béninois et congolais. J’ai toujours grandi dans un milieu multiculturel car mes parents eux mêmes sont de cultures mixtes. Pour ce qui est de la couleur de peau, je ne me suis jamais revendiquée comme noire ou blanche mais j’ai toujours essayé de prouver aux gens et à moi-même que j’étais les deux.

En tant que métisse, sommes-nous noirs, blancs, ou aucun des deux ? Certains nous considèrent comme étant noirs et d’autres comme étant blancs… Cela n’a pas véritablement d’importance pour moi car ce qui m’importe réellement c’est l’apprentissage et la connaissance de toutes les cultures qui fondent mon identité. Je pense sincèrement que c’est en se connaissant soi-même, c’est à dire en acceptant toutes les cultures qui nous composent, que nous pouvons ensuite affirmer notre mixité. Selon moi, c’est là que réside toute la complexité du métissage, car il ne suffit pas d’être métisse, il faut être pluri-culturel.

Andréa

Je m’appelle Andrea, je suis d’origine ivoirienne. Je réside en France depuis l’âge de 11 ans.

Avant, j’étais vraiment complexée par mon physique, j’étais jugée trop petite de taille, trop musclée ou parfois trop noire… Mais aujourd’hui j’en suis fière car j’ai appris qu’une femme, quelle que soit sa couleur de peau, restera différente de par son authenticité.

Je constate aussi qu’en France, le nombre de place pour les mannequins ou modèles de couleur est restreint car les esprits ne sont pas assez ouverts pour leur donner suffisamment d’opportunités.
En ce qui me concerne, je suis à l’intersection de deux discriminations : je suis une femme et je suis noire.

Avant, j’avais beaucoup de mal à supporter la critique sur ma couleur de peau ou sur mes cheveux. Je le vivais comme un affront, je n’avais pas encore conscience de la beauté de ma couleur, que le fait d’être une femme était une force.
Aujourd’hui, lorsque je reçois une insulte sur ma couleur, je prends de la hauteur car dans tous les cas, je ne pourrais pas la changée, c’est celle que Dieu m’a donnée et j’en suis heureuse.
Le monde évolue, les mentalités changent. L’image de la femme de couleur et sa place dans la société seront valorisées de manière positive d’ici quelques années.
D’ailleurs, le changement est déjà en marche.

J’ai été intéressée par le projet Ayika’a car il prône la mixité et la diversité de la femme. Il nous apprend que toute femme peut être unique et belle avec ses défauts et ses atouts qui lui sont propres.
Nous, femmes issues de la diversité, nous n’avons plus peur d’être qui nous sommes et nous le revendiquons.

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