Bonjour et merci d’avoir accepté de nous accorder cette interview.

◆ Peux-tu te présenter brièvement ? 

Je m’appelle Mirza Babic et je suis né à Sarajevo en Bosnie, dans les années 80. Je suis issu d’une famille d’artiste, qui œuvre dans la musique et le design.

À des années lumières de ce que je sais faire maintenant ! 

Comment et pourquoi t’es-tu mis à la photographie ?

J’ai commencé à faire des photos avec un Polaroïd. J’étais fasciné par le fait de pouvoir capturer des instants et pouvoir les imprimer immédiatement. J’ai toujours en ma possession des Polaroïds que j’ai pris il y’a des années. Mon père, quant à lui, amenait toujours un appareil photo avec lui. Il aimait également collectionner les moments en les figeant à l’aide d’un clic. A présent, nous avons Facebook !
Ma carrière de photographe a réellement commencé en 2012, lors de mon premier voyage à travers le pays. Je me suis dit que je ne pouvais pas m’embarquer dans une telle aventure sans un équipement digne de ce nom. Je me suis donc achetée un appareil photo reflex. Ma pratique était très amateure à l’époque, je n’avais aucune idée de comment exploiter le potentiel de mon appareil. A des années lumières de ce que je sais faire maintenant !

Pourquoi as-tu fait le choix de te spécialiser dans la photographie de mode ? Quel est ton rapport avec cette industrie ?

Je me suis toujours intéressé à l’univers de la mode. Au début, je voulais simplement réaliser des portraits, de fil en aiguille j’ai commencé à shooter des looks qui sont à leur tour devenus des photos de mode et ainsi de suite. J’appréciais ce que je faisais et de rencontrer des gens qui m’inspiraient et m’apportaient beaucoup au niveau créatif. C’est réellement le fait de pouvoir explorer ma créativité qui m’a attiré dans l’univers de la mode.

En quelques mots, comment décrirais-tu ton style en tant que photographe ?

Je dirais « Leonard de Vinci découvre l’appareil photo reflex numérique ». Je cherche encore mon style, il est en constante évolution, que ce soit au niveau de la retouche, su travail sur la couleur pour les rendre plus réalistes ou la façon dont je joue avec la lumière. J’ai appris au cours des années que plus on fait le choix de la simplicité et on prend de cliché lors du shooting, plus le travail de post production est facile. J’ai trouvé un équilibre qui me convient entre les deux.

Tu travailles essentiellement avec des modèles noires et métisses. En tant que photographe blanc pourquoi as-tu décidé de te focaliser sur les beautés noires ?

J’ai coutume de répondre à ceux qui me posent cette question que j’ai toujours eu cette problématique à cœur, même si j’en ignore la raison. C’est difficile à expliquer. Je pense avoir développé une attirance forte pour les femmes métissées.
Peut-être parce que je suis très curieux de découvrir la réalité de quelqu’un qui est à l’opposé de qui je suis. Il y’a aussi bien entendu une attraction physique indéniable que j’ai développé envers des femmes sublimes telles que Beverly Peele, Naomi Campbell ou encore Tyra Banks. Mais bien plus que cela, je veux savoir ce que ça fait d’expérimenter le monde dans un corps et avec une expérience du monde différents des miens.

Est-ce que tes préférences artistiques t’ont déjà empêché de décrocher un contrat ? Es-tu blacklisté par certaines agences ?

Je n’ai jamais vraiment cherché à le savoir cependant il m’est arrivé plusieurs fois de ne pas recevoir de réponses de la part d’agences donc peut être que je suis effectivement blacklisté (rire). Honnêtement, je m’en fiche. J’avance à mon propre rythme et en faisant ce que j’ai envie de faire. Personne d’autre que moi n’est en mesure de concevoir ce que j’ai en tête, donc me préoccuper de ce genre de chose
ne ferait rien d’autres que ralentir ma propre évolution. Je me concentre sur ma propre vision artistique, qu’importe ce qu’elle est à l’instant X.

Pourrais-tu nous montrer 3 des clichés qui selon toi sont les meilleurs que tu n’aies jamais pris ?

Je suis trop critique envers mon propre travail pour désigner mes clichés préférés. Je préfère laisser à chacun la liberté de choisir ce qu’il préfère dans mon travail.

En tant qu’homme blanc vivant aux USA, que penses-tu de la représentation de la femme noire et métisse dans les médias ?

Une des raisons pour laquelle j’aime photographier les femmes noires c’est à cause de l’absence de représentation dont elles font l’objet dans les médias. Je continuerai d’utiliser mon art comme un moyen de rééquilibrer les choses. Nous avons besoin de davantage de femmes inspirantes de couleurs, autre d’Oprah Winfrey, auxquelles les femmes puissent s’identifier.

En tant qu’artiste, que penses-tu des standards de beauté actuels ?

Je pense que c’est une honte. Une mascarade. Nous croyons en ce que nous voulons croire, en ce qu’on a l’habitude de nous montrer et de nous dire. Le marketing, les réseaux sociaux et l’industrie du divertissement emprisonne les esprits en essayant de nous conditionner à l’idée d’un idéal unique de beauté.

Qu’aimerais-tu dire à l’industrie de la mode ?

Rendez à césar ce qui appartient à césar.

Pour toi une belle femme c’est ?

Une femme consciente !

 

L’équipe d’Ayika’a te remercie pour cette interview. Pour découvrir le travail de Mirza, rendez-vous sur Instagram : @MirzaBabicFoto et sur son site internet www.mirzababic.com .

Avant Mirza, c’était la sprinteuse Marie-Josée Ta Lou qui répondait à notre interview. Restez connecté sur nos réseaux pour ne rien manquer de nos prochain article !
Twitter  Instagram  Facebook  Youtube
Et si vous aimez ce qu’on fait, partagez !

Share This